L’essentiel à retenir : le réglage du remontoir de montre tient en deux paramètres, le nombre de tours par jour (TPD) et le sens de rotation. Les deux dépendent du calibre de la montre et figurent dans sa notice. La plupart des montres automatiques se contentent de 650 à 950 tours par jour ; en cas de doute sur le sens, le mode bidirectionnel convient à presque tous les calibres. Tourner plus ne remonte pas mieux : un bon réglage suffit.
Vous venez de poser votre montre automatique sur un remontoir, et l’appareil vous demande deux choses : combien de tours par jour, et dans quel sens. Les réglages par défaut ne conviennent pas toujours, et une montre qui s’arrête sur son remontoir est presque toujours une question de réglage, pas de panne.
La bonne nouvelle, c’est que le réglage du remontoir de montre se fait en quelques minutes. Les bonnes valeurs dépendent du mouvement de votre montre, son calibre, et non de sa marque ou de son prix. Voici comment lire ces deux paramètres, comment trouver les valeurs de votre montre et que vérifier si elle s’arrête malgré tout.
TPD : ce que veut dire « tours par jour »
Dans une montre automatique, une masse oscillante, le rotor, pivote à chaque mouvement du poignet. En tournant, elle remonte le ressort de barillet, qui stocke l’énergie de la montre. Posée sur une table, la montre ne reçoit plus aucun mouvement : elle vit sur sa réserve de marche, souvent 38 à 80 heures, puis s’arrête.
Le remontoir remplace votre poignet. Il fait tourner la montre selon un programme, et le TPD indique le nombre de rotations complètes qu’il effectue en 24 heures. C’est le premier réglage proposé sur la plupart des remontoirs pour montres automatiques, et celui qui détermine si la montre reste à l’heure ou s’arrête dans la nuit.
Réglage du remontoir : combien de tours par jour ?
Il n’existe pas de valeur universelle : chaque calibre a besoin d’un nombre de rotations précis pour rester remonté. Le plus fiable est donc de partir de la référence de votre montre et du nom de son calibre, que l’on trouve sur la carte de garantie, dans le livret ou sur le site du fabricant. La notice du modèle donne souvent la valeur recommandée ; à défaut, le service client de la marque peut vous la communiquer à partir de la référence.
Pour vous situer, la grande majorité des montres automatiques se contentent de 650 à 950 tours par jour. Quelques calibres, notamment certains chronographes ou des mouvements à rotor de petite taille, demandent davantage, parfois plus de 1 000. Commencez par la valeur indiquée par le fabricant, puis observez la montre pendant quelques jours : si elle avance ou retarde normalement et ne s’arrête jamais, le réglage est bon.
Inutile, en revanche, de choisir la valeur la plus haute « par sécurité ». Une montre déjà remontée ne stocke pas plus d’énergie parce qu’elle tourne davantage : les rotations en trop ne font qu’user le rotor et ses roulements.
Horaire, antihoraire ou bidirectionnel : quel sens choisir ?
Le second réglage concerne le sens dans lequel le rotor remonte le ressort. Certains calibres se remontent quel que soit le sens de rotation de la masse, d’autres dans un seul sens. Les remontoirs proposent donc trois modes :
- Horaire : la montre tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, pour les calibres qui se remontent dans ce sens.
- Antihoraire : la rotation inverse, pour les calibres qui se remontent dans l’autre sens.
- Bidirectionnel : le remontoir alterne les deux sens ; c’est le cas de nombreux calibres courants, comme l’ETA 2824-2.
Le sens de remontage se lit dans la notice ou dans la documentation du calibre. Ne le déduisez pas du sens dans lequel vous tournez la couronne : le remontage manuel et le remontage automatique sont deux mécanismes distincts. Si vous n’avez aucune information, le mode bidirectionnel est le choix le plus sûr : quel que soit le calibre, une partie des rotations le remonte. Pensez simplement à garder un TPD suffisant, puisque seule la moitié des tours est utile sur un calibre unidirectionnel.
Remontoir à programme fixe ou programmable
Tous les remontoirs ne se règlent pas de la même façon. Les modèles à programme fixe tournent selon un cycle prédéfini, pensé pour convenir au plus grand nombre de montres. Le remontoir SwissKubik StartBox en est un bon exemple : il effectue environ 1 600 rotations par jour, 800 dans le sens horaire puis 800 dans le sens antihoraire, sans aucun réglage à faire. Il fonctionne sur piles, ce qui permet de le placer dans un coffre ou sur une étagère sans prise.
Ce programme bidirectionnel convient à la plupart des montres automatiques. Pour un calibre unidirectionnel ou une montre qui demande un TPD particulier, mieux vaut un modèle programmable. Le remontoir SwissKubik MasterBox part du même programme de 1 600 rotations, mais se règle depuis une application, en Bluetooth ou par USB-C : nombre de rotations, sens et durée des pauses. C’est la solution à retenir si vous possédez plusieurs montres aux besoins différents, ou une pièce dont la notice impose un réglage précis.
Peut-on trop remonter une montre automatique ?
C’est la crainte la plus fréquente, et elle est infondée. Les montres automatiques sont équipées d’une bride glissante : lorsque le ressort est entièrement armé, cette pièce patine dans le barillet et empêche de le tendre davantage. Le ressort ne peut donc pas casser parce que le remontoir tourne trop.
Un TPD excessif reste pourtant inutile : la masse oscillante et ses roulements tournent pour rien, et s’usent un peu plus vite. C’est pour cette raison que les remontoirs ne tournent pas en continu. Ils alternent des phases de rotation et des pauses, qui imitent les moments où la montre est portée puis posée, et répartissent les tours sur la journée. Sur un modèle programmable, la durée de ces pauses se règle elle aussi.
Votre montre s’arrête sur le remontoir : que vérifier ?
Une montre qui s’arrête alors qu’elle est sur son remontoir manque presque toujours d’énergie, pour l’une de ces raisons :
- Le sens ne correspond pas au calibre : en mode horaire ou antihoraire, un calibre qui se remonte dans l’autre sens ne reçoit rien. Passez en bidirectionnel ou vérifiez la notice.
- Le TPD est trop faible : augmentez-le par paliers d’une centaine de tours et observez la montre quelques jours.
- La montre était déjà arrêtée : un remontoir entretient une réserve, il la remplit lentement. Remontez d’abord la montre à la main par la couronne si son calibre le permet, ou portez-la quelques heures, puis réglez l’heure avant de la poser.
Si la montre s’arrête encore avec un réglage correct et une réserve pleine, elle a sans doute besoin d’une révision : c’est alors un horloger qu’il faut consulter, pas le remontoir. Avant d’en arriver là, vérifiez toujours ces deux réglages : ils expliquent la grande majorité des arrêts.
Bien réglé, un remontoir garde votre montre à l’heure, avec sa date et ses éventuelles complications, sans que vous ayez à la remettre en marche à chaque fois. Pour savoir dans quels cas il vaut vraiment la peine, lisez notre article à quoi sert un remontoir de montres.
FAQ
Réglez la valeur indiquée par le fabricant pour le calibre de votre montre, que l’on trouve dans la notice ou auprès du service client. La plupart des montres automatiques se contentent de 650 à 950 tours par jour ; quelques calibres demandent davantage. Observez ensuite la montre quelques jours pour confirmer le réglage.
Dans le sens où le calibre se remonte : horaire, antihoraire ou dans les deux sens. La notice de la montre l’indique. Sans information, choisissez le mode bidirectionnel avec un nombre de tours suffisant : il convient à presque tous les calibres.
Non, il ne peut pas casser le ressort : une bride glissante l’empêche d’être tendu au-delà de son maximum. En revanche, un nombre de tours très excessif use inutilement le rotor et ses roulements. Un réglage adapté au calibre suffit.
Le plus souvent, le sens de rotation ne correspond pas au calibre ou le nombre de tours par jour est trop faible. Vérifiez ces deux réglages, remontez la montre à la main si elle était arrêtée, puis replacez-la. Si elle s’arrête encore, faites-la réviser.
Pas toujours. Un remontoir à programme fixe et bidirectionnel convient à la plupart des montres automatiques. Un modèle programmable devient utile pour un calibre qui se remonte dans un seul sens, une montre qui demande un nombre de tours particulier, ou une collection aux besoins différents.